- Les accords d’Oslo désignent la Déclaration de principes signée à Washington le 13 septembre 1993 (Shimon Peres et Mahmoud Abbas pour les deux camps, puis poignée de main Rabin-Arafat), après des négociations secrètes facilitées par la Norvège.
- Ils reposent sur une reconnaissance mutuelle entre Israël et l’OLP et sur une autonomie palestinienne transitoire de cinq ans, à commencer par Gaza et Jéricho.
- Ils ne créent pas d’État palestinien : Jérusalem, les réfugiés, les colonies et les frontières devaient être traités plus tard.
- Le processus s’est enrayé après l’assassinat de Rabin en novembre 1995 et à cause de violences, de désaccords politiques et de questions restées sans réponse.
Les accords d’Oslo sont une série d’accords israélo-palestiniens dont le premier, la Déclaration de principes, a été signé à Washington le 13 septembre 1993. Pour la première fois, Israël et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) se reconnaissaient mutuellement et fixaient un calendrier d’autonomie palestinienne par étapes, sans trancher les questions les plus difficiles. Cet article en rappelle le contexte, le contenu et les raisons de leurs limites, avec le recul que permettent trois décennies.
Quel était le contexte avant les accords d’Oslo ?
Le conflit est bien plus ancien que 1993. La création d’Israël en 1948 s’est accompagnée d’une guerre et du déplacement de centaines de milliers de Palestiniens, un événement que ces derniers désignent comme la Nakba et qui nourrit durablement la question des réfugiés. Israël y voit la naissance d’un État reconnu à l’issue de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah, et une question de sécurité.
La guerre de 1967 place sous contrôle israélien la Cisjordanie, la bande de Gaza, le plateau du Golan et le Sinaï, ce dernier étant restitué à l’Égypte après le traité de paix de 1979. Ces territoires deviennent le centre des négociations : frontières, zones de sécurité, colonies, statut de Jérusalem et réfugiés.
Qui représentait les Palestiniens : qu’est-ce que l’OLP ?
L’Organisation de libération de la Palestine est créée en 1964 pour porter la cause palestinienne sur la scène politique et diplomatique. Yasser Arafat en prend la tête en 1969. Longtemps, l’organisation refuse de reconnaître Israël et revendique la lutte armée ; à la fin des années 1980, elle infléchit sa position et accepte les résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité de l’ONU, ce qui rend possible une négociation directe.
Le contexte régional évolue aussi : le traité de paix entre l’Égypte et Israël (1979) a montré qu’un accord était possible, et la guerre du Golfe de 1991 puis la conférence de Madrid ont rebattu les cartes. En Israël, Yitzhak Rabin devient Premier ministre en 1992.
Comment les négociations secrètes d’Oslo se sont-elles déroulées ?
La Norvège joue un rôle de facilitateur : des diplomates norvégiens, dont Terje Rød-Larsen, organisent des rencontres discrètes entre Israéliens et Palestiniens, loin des médias, en 1993. Le cadre informel, où les négociateurs partagent les repas et les promenades, aide à instaurer un climat de confiance que la diplomatie officielle n’avait pas obtenu jusque-là.
La confidentialité a un avantage et une limite. Elle protège les discussions de la pression des opinions publiques, mais le texte qui en sort doit ensuite être défendu devant des sociétés très divisées, avec des opposants dans les deux camps.
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Que prévoyait la Déclaration de principes de 1993 ?
Les lettres de reconnaissance mutuelle sont échangées les 9 et 10 septembre 1993 : Yasser Arafat reconnaît le droit d’Israël à vivre en paix et en sécurité, tandis que Yitzhak Rabin reconnaît l’OLP comme représentante du peuple palestinien. Le 13 septembre, la Déclaration de principes sur des arrangements intérimaires d’autonomie est signée à Washington en présence du président américain Bill Clinton : Shimon Peres, ministre israélien des Affaires étrangères, et Mahmoud Abbas, pour l’OLP, apposent leur signature, avant la poignée de main restée célèbre entre Yitzhak Rabin et Yasser Arafat.
- Reconnaissance mutuelle entre Israël et l’OLP, et renoncement de l’OLP à la violence.
- Autonomie transitoire de cinq ans, à commencer par la bande de Gaza et la zone de Jéricho, avec une extension prévue à d’autres parties de la Cisjordanie.
- Élections palestiniennes pour un Conseil et transfert progressif de compétences civiles.
- Négociations sur le statut final (Jérusalem, réfugiés, colonies, frontières, sécurité), prévues pour débuter au plus tard en 1996 et aboutir en 1999.
Cette logique par étapes est le point central : on commence par ce qui est possible, on renvoie ce qui divise. Ce n’est donc pas un traité de paix final, mais un cadre de transition.
Qu’ont changé les accords d’Oslo sur le terrain ?
Un accord d’application, signé au Caire le 4 mai 1994, fait démarrer l’autonomie à Gaza et à Jéricho ; l’Autorité palestinienne est mise en place à cette période. En 1995, l’accord dit Oslo II étend le processus à la Cisjordanie et la divise en zones A, B et C, qui répartissent différemment contrôle civil et sécuritaire entre Palestiniens et Israéliens. En 1994, Yasser Arafat, Yitzhak Rabin et Shimon Peres reçoivent ensemble le prix Nobel de la paix, pour leurs efforts en faveur de la paix au Moyen-Orient.
| Date | Étape |
|---|---|
| 9-10 septembre 1993 | Lettres de reconnaissance mutuelle entre l’OLP et Israël |
| 13 septembre 1993 | Signature de la Déclaration de principes à Washington |
| 4 mai 1994 | Accord du Caire : début de l’autonomie à Gaza et Jéricho |
| 1995 | Oslo II : zones A, B et C en Cisjordanie |
| Novembre 1995 | Assassinat de Yitzhak Rabin |
Pourquoi le processus d’Oslo a-t-il déraillé ?
Plusieurs facteurs se cumulent, et les analyses divergent sur leur poids respectif. Rabin est assassiné en novembre 1995 par un extrémiste israélien hostile aux accords, ce qui prive le processus de l’un de ses principaux soutiens. Des attentats commis par des opposants palestiniens aux accords nourrissent, en Israël, la méfiance à l’égard des concessions. Côté palestinien, la poursuite de la colonisation dans les territoires et la lenteur des retraits sont régulièrement dénoncées comme des preuves que le processus ne tient pas ses promesses.
La politique intérieure pèse aussi : Benjamin Netanyahu, critique des accords, devient Premier ministre en 1996. Les échéances de 1996 et de 1999 pour les négociations sur le statut final n’ont pas permis d’aboutir à un accord. Résultat : le cadre transitoire s’est prolongé, alors qu’il était conçu pour cinq ans.
Les accords d’Oslo ont-ils créé un État palestinien ?
Non. C’est la confusion la plus fréquente. Les accords instaurent une autonomie limitée, une administration palestinienne et un calendrier de négociation, mais pas la souveraineté. Ils ne tranchent pas non plus les sujets les plus sensibles, qui étaient volontairement renvoyés à une phase ultérieure.
Deux autres erreurs reviennent souvent : croire que tout se résume à la poignée de main de 1993 (le processus s’étend de 1993 à 1995 au moins, avec des accords successifs) et considérer l’échec comme la faute d’un seul camp. Les historiens et les acteurs de l’époque en donnent des lectures différentes, et ce texte se limite aux faits établis.
Pourquoi parle-t-on encore d’Oslo aujourd’hui ?
Parce que la méthode d’Oslo (reconnaissance mutuelle, étapes, sujets difficiles renvoyés à plus tard) sert encore de référence, y compris pour en discuter les limites. L’Autorité palestinienne, issue de ce processus, et le découpage de la Cisjordanie en zones restent des éléments du débat. Pour suivre l’actualité diplomatique, appuyez-vous sur des sources primaires et institutionnelles : textes officiels, ONU, ministères des Affaires étrangères. Cet article est une présentation historique et ne se substitue pas à ces sources.
Questions fréquentes
Que sont les accords d’Oslo ?
Les accords d’Oslo sont une série d’accords israélo-palestiniens dont le premier, la Déclaration de principes, a été signé à Washington le 13 septembre 1993. Ils prévoient une reconnaissance mutuelle entre Israël et l’OLP et une autonomie palestinienne transitoire de cinq ans. Les questions les plus sensibles devaient être négociées dans une phase ultérieure.
Qui a signé les accords d’Oslo ?
La Déclaration de principes a été signée à Washington le 13 septembre 1993 par Shimon Peres, ministre israélien des Affaires étrangères, et Mahmoud Abbas pour l’OLP, en présence du président américain Bill Clinton. La poignée de main entre le Premier ministre Yitzhak Rabin et Yasser Arafat, président de l’OLP, est l’image la plus connue de la cérémonie.
Quel rôle la Norvège a-t-elle joué dans les accords d’Oslo ?
La Norvège a servi de facilitatrice. Des diplomates norvégiens ont organisé en 1993 des rencontres discrètes entre négociateurs israéliens et palestiniens, loin des médias, ce qui a permis de rapprocher les positions. Le pays n’a toutefois pas rédigé seul le texte : la signature officielle a eu lieu à Washington sous l’égide des États-Unis.
Que prévoyaient les accords d’Oslo ?
Ils prévoyaient une reconnaissance mutuelle, le renoncement de l’OLP à la violence, une autonomie palestinienne de cinq ans à commencer par Gaza et Jéricho, des élections palestiniennes et le transfert progressif de compétences civiles. Jérusalem, les réfugiés, les colonies et les frontières étaient renvoyés à des négociations sur le statut final.
Les accords d’Oslo ont-ils créé un État palestinien ?
Non. Les accords d’Oslo ont mis en place une autonomie limitée et une Autorité palestinienne, mais pas un État souverain. La création d’un État, comme les frontières, Jérusalem ou le retour des réfugiés, relevait des négociations sur le statut final, qui devaient aboutir en 1999 et n’ont pas conduit à un accord.
Pourquoi les accords d’Oslo n’ont-ils pas abouti à la paix ?
Les causes sont multiples et débattues : l’assassinat de Rabin en novembre 1995, des attentats, la méfiance entre les parties, la poursuite de la colonisation et le désaccord sur les questions du statut final. L’architecture transitoire, pensée pour cinq ans, a laissé trop de sujets en suspens pour que la confiance s’installe durablement.
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Sources : Déclaration de principes sur des arrangements intérimaires d’autonomie (Oslo I), 13 septembre 1993 ; Comité Nobel norvégien, prix Nobel de la paix 1994 ; Les clés du Moyen-Orient, dossier sur les accords d’Oslo ; Wikipédia, article Accords d’Oslo ; ONU, résolutions 242 (1967) et 338 (1973) du Conseil de sécurité.

